Akata Witch, de la magie nigériane pour ados

Captivée par cette couverture, je n’avais pas résisté bien longtemps avant d’acheter cet ouvrage, d’autant plus que le formidable blog Planète diversité en avait fait un article relativement élogieux. Ni une, ni deux, je me suis procuré ce roman, m’apprêtant à vivre des aventures aux côtés de Sunny…


Déjà, ce roman à l’atout de ne pas se situer en Occident, puisque l’histoire se déroule au Nigéria (où vit l’autrice), et j’étais contente de pouvoir découvrir des lieux que je ne connaissais pas, avec des protagonistes qui n’étaient pas blancs (puisque la représentation est, selon moi, quelque chose d’important dans les fictions). Nous suivons Sunny, une adolescente de douze ans qui adore jouer au foot mais qui ne peut malheureusement pas souvent s’adonner à sa passion, non seulement parce qu’elle est une fille (et que, par conséquent, rares sont les garçons qui acceptent de jouer avec elle), mais aussi parce qu’elle craint le soleil. En effet, la jeune fille est albinos, ce qui lui vaut des remarques cinglantes d’autres élèves qui ne la considèrent pas comme étant noire.

Sunny sentit son ventre se nouer tandis que ses camarades s’alignaient devant elle. Ils avaient l’air tellement en colère. Pas cette colère rouge qui brûle au visage et s’éteint vite, non, la noire, celle qu’on emporte soi après les cours.

De plus, elle est née et a vécu aux États-Unis, si bien que cela ne fait qu’ajouter une différence supplémentaire que les autres ont bien du mal à accepter. Pour toutes ces raisons, Sunny est rejetée, voire harcelée, par les élèves de sa classe. Heureusement, elle va se lier l’amitié avec deux autres adolescent·e·s, qui vont lui apprendre qu’elle a des pouvoirs. Ainsi, elle va faire la connaissance de tout un univers caché dont elle ignorait jusqu’à l’existence.

S’inspirant sans doute de la culture nigériane, Nnedi Okorafor a permis la découverte d’un monde magique très développé, auquel je n’ai pas tout compris, pour le moment, mais qui était fascinant. Méconnaissant totalement la littérature des pays africains, j’étais ravie de lire ce roman qui, en plus, était très intéressant.

-[…] Les hommes font toujours porter le chapeau aux femmes quand un enfant je leur apporte pas satisfaction.

Bien qu’éloignée des préoccupations des personnages principaux – Sunny et ses ami·e·s étant des adolescent·e·s d’une douzaine d’années –, les protagonistes et leur univers m’ont beaucoup plu. J’ai été immergée dans cet univers magique – mais pas si merveilleux que cela, puisque nous découvrons que toutes les personnes n’y sont pas bien intentionnées, loin de là. J’ai appris il y a quelques jours que le second tome était sorti en France, et je compte bien me le procurer très prochainement !

Akata Witch, tome 1, de Nnedi Okorafor. Traduit de l’anglais (Nigéria) par Anne Cohen Beucher. Publié aux éditions L’école des loisirs, collection Médium, 363 pages.

4 commentaires sur “Akata Witch, de la magie nigériane pour ados

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  1. Oh un nouvel article, formidable ! Un cadeau de Noël en retard ? hihi ! J’ai également lu et apprécié cet ouvrage bien que je sois davantage mitigée que toi. Tout comme toi, j’ai presque exalté de bonheur face à une histoire qui n’est pas envisagée par le prisme occidental et le fait que le·la lecteur·rice soit véritablement plongé·e dans la culture nigériane est un un atout considérable : l’autrice fait confiance à son lectorat en employant des termes de dialecte, dont la définition se trouve dans un glossaire en fin de livre. C’est une chose rare et franchement très appréciable. J’ai ressenti quelques lacunes quant au scénario et c’est ce qui me fait être plus mesurée que toi. Aussi, les liens familiaux, la mère soumise, le père violent, les frères puissants gagneraient à être développés. J’ai trouvé mon compte dans l’histoire fantastique, magique du livre mais pas dans son aspect intime, familial, relationnel. Cela reste un roman indispensable pour un jeune et plus vieux lectorat, trop exceptionnel à mon goût, et passionnant ! Bravo à l’autrice. Merci à toi pour cet article !

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    1. Oui, c’est vrai que c’était chouette de voir les mots dans leur langue originale, et le glossaire à la fin permettait de venir découvrir ce qu’ils signifiaient.

      Je n’avais pas envisagé cela pour les différentes relations, d’autant que j’ai lu le livre il y a quelques mois, et que mes souvenirs sont un peu flous, de fait.

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