Violences gynécologiques et féminisme

Il y a quelques années, j’ai eu un coup de cœur pour un roman devenu très célèbre et ayant visiblement changé la vie d’un certain nombre de personnes : Le Chœur des femmes, de Martin Winckler. Alors, quand j’ai vu qu’une adaptation en bande dessinée était sortie et avait été réalisée par Aude Mermilliod, l’autrice d’Il fallait que je vous le dise, j’étais impatiente de la découvrir ! Seulement, je ne l’ai pas fait tout de suite…


Mais heureusement, je participe au prix en Bulles et cet ouvrage fait partie de la sélection ! C’était l’occasion parfaite pour enfin le lire et retrouver une histoire et des protagonistes qui m’avaient tant touchée lors de ma lecture du roman…

Ainsi, j’ai retrouvé Jean (prononcer « Djinn »), une jeune femme interne en médecine qui souhaite se spécialiser dans la chirurgie gynécologique. C’est une étudiante brillante, majeure de sa promo, aux idées bien arrêtées… qui doit effectuer un stage de six mois dans le service du docteur Karma, ce qui ne la réjouit pas très franchement. En effet, le centre La Médecine de la Femme dans laquelle Karma travaille à une approche totalement différente des patient·es.

« Si une femme demande une contraception, c’est qu’elle en a besoin. La demande se suffit à elle-même. »

Jean va devoir travailler auprès de cet homme qui souhaite révolutionner la médecine gynécologique en écoutant les personnes, en leur laissant la parole, en les examinant autrement (et pas de manière systématique). En bref : les patient·es de ce service sont traité·es correctement. Si au départ Jean n’approuve pas la manière qu’à Karma de travailler, elle finira par évoluer…

Le Chœur des femmes est donc un ouvrage qui parle de violences gynécologiques et médicales, de la relation médecin-patient·e qui est bien souvent inégalitaire, et qui m’avait amenée à réfléchir lors de ma lecture du roman.

« […] Je sais qu’ils ont peur de… de rater ma mort… C’est vrai que c’est un risque. Mais s’il y a bien une chose intime, c’est la mort, non ? J’ai le droit de la vivre où je veux. Et comme je veux. »

Dans le cas de l’adaptation, j’ai pris plaisir à retrouver les personnages et à voir de quelle manière Aude Mermilliod les avaient dessinés. Je ne me souviens plus du visage que je leur prêtais auparavant, mais il est clair que la vision de l’autrice me paraissait assez raccord avec le livre d’origine.

Tout au long de la lecture, nous retrouvons quelques témoignages et histoires de femmes et de personnes qui se rendent à l’unité de Karma – parfois pour se faire examiner, parfois pour parler de leurs problèmes et de leurs inquiétudes.

J’ai bien aimé la façon dont l’autrice a mis en place ces récits, sur deux pages, l’une comportant une illustration de la personne dont on apprend l’histoire, et l’autre, qui comprend ledit récit, est composée uniquement de texte.

Cette adaptation est très réussie et Aude Mermilliod a réussi à retranscrire en peu de pages un roman très dense et épais. L’engagement porté par cette histoire est toujours aussi présent – voire plus ! C’était touchant et c’était une très bonne lecture !

Le Chœur des femmes, d’Aude Mermilliod, d’après le roman de Martin Winckler. Publié aux éditions Le Lombard, 240 pages.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :